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La poste pendant la Révolution française

Lors de la Révolution française, la gestion des postes et des échanges postaux n'étaient pas les principales inquiétudes des Français. Les cahiers de doléances font état de deux demandes jugées secondaires par rapports aux autres sujets. La première demande correspondait à la "suppression du privilège des messageries" et la seconde "contre les violations du secret des lettres". Cette dernière sera appliquée suite au décret du 10 juillet 1791, mettant fin à l'ouverture du courrier en fonction du bon vouloir du pouvoir royal, le fameux cabinet noir. On demandera même aux postiers de prêter serment au gouvernement et à la République et ceci de façon obligatoire depuis la loi du 29 août 1790. Le poster promulguait « je jure à la nation et au Roi de garder et observer fidèlement la foi due au secret des lettres et de dénoncer aux tribunaux qui seront indiqués toutes les contraventions qui pourraient avoir lieu et qui parviendraient à ma connaissance ».i due au secret des lettres et de dénoncer aux tribunaux qui seront indiqués toutes les contraventions qui pourraient avoir lieu et qui parviendraient à ma connaissance ».

                      
Loi  du 10 juillet 1791 concernant le secret et l'inviolabilité des lettres

Malgré cela, la Révolution française va avoir un impact sous les régimes postaux de l'époque. Les postes privées ont tendance à disparaitre, les petites postes sont absorbées par la grande poste, les messagers des villes ont de plus en plus de mal à survivre et les messageries des universités ont été rachetées en 1719 par la ferme générale des postes.
La "nuit du 4 août 1789" sera une étape importante dans l'évolution du service postal. L'assemblée décida l'abolition des privilèges notamment ceux des directeurs des bureaux et des maîtres des postes. Ces derniers vivaient grâce à ces privilèges qui en réalité compensèrent les gains insuffisants. Les maîtres des postes réagiront très vite, sous forme de protestations, de pétitions. Les services vont se dégrader, alors qu'à l'époque, seuls les échanges postaux permettaient de communiquer entre la république qui apparaissaient et le pays. Des députés vont alors intervenir auprès de l'assemblée. Le comité des finances devra trouver une solution entre les demandes des cahiers de doléances et les réclamations. Le 25 avril 1790 l'assemblée constituante votera une indemnité de 30 livres par an et par cheval entretenu pour le service. Un grand débat sera lancé sur la
« réorganisation des postes aux lettres, postes aux chevaux et messageries » et ceci dès le 11 juillet 1790. Une série de décrets seront publiés le 29 août afin de réformer l'administration générale des Postes.

Une petite révolution verra le jour en 1790 par la création des départements, modifiant ainsi les adresses du pays tout entier et donc du travail des postiers. Les noms des villes ayant un lien avec la royauté ou le clergé seront modifiés en 1793, par exemple Fontenay-le-Comte deviendra Fontenay-le-Peuple ou bien encore Saint-Malo deviendra Port-Malo.
Les postes vont alors devenir un service public suite à la fin du bail accordé à la Ferme des postes le 1er mai 1793. L'état créera le 9 avril 1793, l'Agence nationale des postes celle-ci regroupera les Postes aux lettres, les Postes aux chevaux et les messageries. « La poste aux lettres, les messageries et la Poste aux chevaux seront à compter du 1er mai 1793 réunies en une seule administration spécialement chargée de la surveillance et du maintien de l'exécution des trois services  ».


Départements Français en 1791

Afin d'essayer de rentabiliser les malles-poste l'agence autorisera le transport de passagers avec ces malles en 1798 par la création de l'Entreprise générale de Messageries. Malgré toutes ces dispositions, les relais vont avoir du mal à vivre, les maîtres de poste se plaignent du manque de nourriture pour les chevaux et leurs réquisitions par l'armée. En 1797, les revenus seront augmentés, mais sans succès. Les voyageurs n'utilisent plus les malles-poste pour voyager et les anciens privilèges ne peuvent pas être restaurés. C'est Napoléon qui réglera le problème, le 6 mars 1805, en créant une taxe en faveur de la poste aux chevaux. Cette taxe sera payable surtout par les compagnies privées de messageries impériales qui avaient de façon illégale des chevaux de relais qu'elles entretenaient, ainsi que par les particuliers qui devaient payer au maître de poste vingt-cinq centimes par poste et par cheval lorsqu'ils passaient devant les relais sans utiliser les chevaux. Cette mesure protectionniste en faveur du service public, fortement critiquée par les messageries impériales qui avancèrent que cette décision allait détruire leurs entreprises, permis de sauver les relais d'état.


Loi du 9 avril 1793


La prise de la Bastille
par Jean-Pierre Houël 1789

Suite à la nouvelle découpe des départements français, l'assemblée décrètera en septembre 1791 la mise en place de quarante routes postales. Les quatorze premières permettront de relier Paris avec les grandes villes françaises et les vingt-sept autres relieront les autres grandes villes entre elles. La convention décidera un an plus tard, en septembre 1792, que l'élection des directeurs et des contrôleurs de postes se feront par l'assemblée du district. Les élections se tiendront à la fin de 1792, et sur les dix-sept postes attribués, deux reviendront seulement à des postiers en place, les quinze autres n'auront aucune expérience des services postaux d'où une perte de compétence non-négligeable. Ils étaient musiciens, perruquiers ou autres professions sans aucun rapport avec les échanges postaux. Les postiers plus proches du terrain et moins gradés ne seront pas remplacés.
En plus de ces postiers, la nouvelle république mettra en place des courriers extraordinaires afin de transporter les dépêches du gouvernement et de l'assemblée.
Sur les routes françaises les postiers d'état ne suffisent pas, des messagers privés sont donc utilisés sur les secondes routes. Mais ces derniers ne sont pas assez nombreux pour distribuer les documents officiels du gouvernement et de l'assemblée. Environ un tiers des campagnes disposèrent à l'époque d'un bureau de poste. Certaines communes vont donc embaucher des piétons qui deviendront obligatoires suite à l'arrêté du 24 décembre 1796.
Avant 1798, seuls quelques bureaux de poste, les plus importants disposèrent de facteurs. En juin 1798, leur nomination deviendra obligatoire pour les bureaux dont les revenus étaient supérieurs à deux milles francs.

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