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La poste pendant la guerre franco-prusienne et le siège de Paris

Une des principales discordes qui entraîna le conflit entre l'armée française et l'armée prussienne sera la création d'une puissance économique et militaire Allemande mettant en danger la suprématie de l'Angleterre, de la France et de la Russie. La confédération de l'Allemagne du Nord sera effective en 1867 et aura pour effet l'unification des états germaniques du nord. Otto von Bismarck, le ministre président de Prusse, a pour projet d'annexer les états germaniques du sud afin de créer l'Empire allemand.
Parallèlement, le prince Prussien Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen sera candidat au trône d'Espagne le 21 juin 1870. La France qui craindra d'être "encerclée" par cette coalition germanique, s'opposera fortement à cette candidature. L'ambassadeur de France Benedetti obtiendra la renonciation au trône, confirmé par le roi Guillaume de Prusse en précisant qu'il "n'a plus rien d'autre à dire à l'ambassadeur". Otto von Bismarck reprendra le texte de la rencontre écrite par le roi Guillaume de Prusse, en laissant croire que l'ambassadeur de France a été humilié lorsqu'il a été congédié et ceci dans le but de vexer les Français. Sachant que l'armée française n'était pas dans son meilleur état, il cherchera à ce que la France déclare la guerre à la Prusse afin qu'elle passe pour l'agresseur.

 
Léopold de
Hohenzollern-Sigmaringen


Otto von Bismarck


Vincent Benedetti


Guillaume de Prusse

La France, suite à cette provocation déclara en effet la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870. De plus, l'impératrice Eugénie pensa que cette guerre, qu'elle voyait victorieuse, serait le moyen d'asseoir le pouvoir du prince impérial alors âgé de 14 ans lors de sa succession à Napoléon II qui était très malade. Mais la guerre fut plus compliquée que prévue et suite à la défaite de Forbach, l'armée Napoléonienne fut une retraite à Metz puis sur Chalons le 16 août. Après une nouvelle défaite à Beaumont, l'armée se replia à Sedan le 30 août ou Napoléon II accompagné de 120 000 hommes furent encerclés, ils devront alors se rendre.
L'empereur capitula le 2 septembre. Gambetta proclamera la déchéance du second Empire le 4 septembre, à Paris, lorsque l'annonce de la reddition fut proclamée. La République est alors proclamée à l'Hôtel de Ville de Paris. Le gouvernement qui s'installa à Tours le 12 septembre chercha par tous les moyens à communiquer avec la capitale dont la correspondance ne sera plus possible dès le 18 septembre lorsque l'armée Prussienne coupera tous les câbles télégraphiques reliant la capitale. Paris sera assiégée le 20 septembre. La France sera en partie envahie par l'armée Prussienne et depuis la capitulation de Bazaine à Metz le 27 octobre 1870 le moral des Parisiens sera très bas, il va donc falloir trouver des solutions pour que Paris et la province puissent communiquer.


Bismarck conduit Napoléon III
au roi Guillaume Ier après la bataille de Sedan
(Wilhelm Camphausen)


Napoléon III et Bismarck le 2 septembre 1870 à Donchery
entrevue après la bataille de Seda Wilhelm Camphausen

Des solutions ingénieuses avec plus ou moins de succès furent mises en place. Les facteurs étaient transformés en passeurs, des boules métalliques remplies de courrier et scellées étaient jetées dans la Seine, les fameuses "boules de Moulins", les animaux étaient mis à contribution, c'est ainsi que des chiens furent dressés. Mais les taux de réussite étaient très faibles, à peine 10 % sur les cent missions commandées. L'utilisation des airs apparaissait la plus intéressante.
Une première initiative privée a été développée. Elle consistait à utiliser des ballonnets, les "ballons de Gravilliers". Ce nom vient de l'adresse ou habitait Alfred Roseleur (1820nt de l'adresse ou habitait Alfred Roseleur (1820 - 1881) au « 23 rue des Gravilliers » dans le troisième arrondissement de Paris. Il envoya de son balcon des ballonnets d'enfants destinés à son épouse Léonie qui était dans leur château de Chabassière à Aubusson, dans la Creuse. Il affranchit les lettres de 20 centimes et précise sur l'enveloppe « A remettre à la Poste de France ». Le premier fut envoyé le 20 septembre 1870, au total jusqu'au 25 janvier 1871, une centaine de ballons furent expédiés dont environ vingt fut retrouvés et transmis au bureau de poste le plus proche pour être acheminés à Aubusson.
Nadar, photographe et aérostier, proposa, sous l'impulsion de Rampont, le directeur des Postes de Paris, d'utiliser les airs grâce à des ballons et à des pigeons voyageurs. Un essai sera réalisé par l'aéronaute Duruof, le 23 septembre 1870, il atterrira près d'Evreux. L'autorisation d'expédier des lettres ordinaires par ballons montés sera donnée le 27 septembre lors de la publication au journal officiel. La poste aérienne était née. Le 28 septembre, une commission des transports aériens sera créée afin d'organiser le transport. Le 28 septembre, une commission des transports aériens sera créée afin d'organiser le transport.ganiser le transport. Le 28 septembre, une commission des transports aériens sera créée afin d'organiser le transport.
Les pigeons appartenant à des colombophiles Parisiens étaient chargés dans ces ballons et assuraient le voyage de retour vers Paris chargés de microfilms appelés les pigeongrammes. Le club "l'Espérance" sera à l'origine de la mise en place de ce service en 1870 notamment grâce à son Président Cassiers, à son Secrétaire Prosper Derouard et leur Trésorier Traclet.


Défense de Metz par l'armée française
(Alphonse de Neuville)


Le siège de Paris
(Jean-Louis-Ernest Meissonier)

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