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La poste entre les deux guerres

A la fin de la Première Guerre mondiale, tout reste à reconstruire. A cette époque les premiers débats sur l'intérêt de l'autonomie de la poste et de la fin du monopole d'état naissent. En 1922 le budget de la poste est séparé de celui de l'état, mais sous le contrôle des assemblées et la loi du 30 juin1923 décrétera que la poste devra s'autofinancer ou faire appel à l'emprunt pour se développer. Cette loi créera un "conseil supérieur des PTT" constitué de six représentants du personnel élus à l'année et devant se réunirent tous les mois. Ce conseil sera chargé de gérer le compte d'exploitation. Mais les crédits accordés resteront, sous la surveillance du ministère des finances, en lien avec les règles générales du budget, ce qui ira à l’encontre de l’administration postale. En effet, les investissements estimés à 28 % du budget en 1923 seront inférieurs aux recettes de cette administration estimées à 56 % cette même année.
Les facteurs partis se battre reprendrons leurs places en 1918, mais beaucoup d'entre eux, environ 1500, ne reviendrons pas. Les femmes ayant remplacé les facteurs, retourneront à leurs foyers. Les échanges postaux vont augmenter de 75 % entre le début de la guerre et la fin des années 20, les recrutements ne suivront pas ainsi que les salaires des postiers, pour revenir au niveau des facteurs du second empire. Loin de s'améliorer au début des années 30, leurs salaires vont encore diminuer en 1932, 33 et 35 et le recrutement s'interrompre en 1933.
A la fin de la Première Guerre mondiale, des partisans du libéralisme américains attaqueront de manière virulente l’administration postale afin que cette dernière perde son monopole.
Les efforts de développement de la poste se feront ressentir entre les deux guerres, même si l'objectif premier sera de maintenir un service "acceptable".


 Ruines de Valenciennes lors de la Première Guerre mondiale

Des révolutions technologiques sont apportées comme par exemple l’automatisation des centraux de Paris à partir de 1921 ou bien encore la pose du premier câble téléphonique souterrain de grande distance en 1925 entre Paris et Strasbourg. Une des innovations sera la création en 1926 d'un service rural automobile. Le but sera de lutter contre l'isolement rural, les campagnes étaient alors desservies par des facteurs à pied ou à bicyclette et devant récupérer le courrier à leurs bureaux d'attaches. Ils continueront leurs tournées de la même manière, mais les automobiles leur apporteront le courrier au départ de leurs tournées.

Les moyens privilégiés de transport du courrier sont à l'époque le train notamment avec les ambulants, wagons-poste dans lesquels des agents postaux, les ambulants, trient le courrier. Pour les plus grandes distances, vers l'étranger et les colonies, les paquebots sont utilisés. Mais le trafic s'intensifie, et les bateaux vapeurs restant un moyen d'acheminement du courrier très lent, un autre moyen de transport va être testé. Un nouveau moyen qui aura connu une très importante évolution depuis le début de la guerre : l'avion.


Laté 28 - Aéropostale
Liaisons postales entre la France et l'Amérique du Sud en 1930

Ce sera effectif dès 1921 ou plusieurs lignes seront mises en service depuis Paris, vers l'Angleterre, la Belgique, l'Europe Centrale ainsi que de Toulouse vers Casablanca. Les lettres seront surtaxées pour utiliser ce moyen de transport révolutionnaire et couteux. Les horaires inadaptés et le surcoût feront de cette première tentative un échec.
L'aéropostale verra le jour en avril 1927, en novembre 1927 une ligne sud-américaine sera ouverte, puis une ligne transatlantique en 1934.

Un premier réseau postal en métropole sera instauré en 1935, par la compagnie Air Bleu, mais avec peu de succès dû aux horaires et au coût des envois. En 1937, une autre tentative verra le jour et cette fois sans surtaxe. La Seconde Guerre mondiale mettra un frein à son développement qui reprendra après la Seconde Guerre mondiale.
Mais le personnel ressentit un manque d’investissement dans tous les projets de grande ampleur, personnel qui travaille dans des bureaux inadaptés. De nombreux facteurs continus à assurer leur tournée à vélo ou même à pied avec des poussettes, les ambulants travaillent dans des wagons totalement dépassés.
Malgré cela, les postiers ne participeront pas aux grands mouvements de gréves de 1936, en effet le syndicat national des agents des PTT qui est affilié à la CGT soutiendra le gouvernement du Front Populaire.


Caudron C630 de la compagnie Air Bleu
Gouache de Paul LENGELLE

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