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Il est très difficile de dater l'origine de la poste, même si les historiens définissent différentes époques cruciales à travers l'histoire. On peut cependant avancer qu'elle est apparue avant même la naissance de l'écriture. Il a en effet été primordiale pour l'homme de correspondre, à travers toutes les époques et toutes les civilisations.
Décrire l'histoire de la poste, c'est essayer de décrire l'Histoire, mais essayons de voir ensemble les premiers signes de son apparition.

                          Vue de la maison de poste à Hottaki 1832

La Mésopotamie durant la période néo-sumérienne
Des tablettes d'argiles néo-sumériennes (2150-2000 av. JC.) écrites en pictographique puis en écriture cunéiforme furent découvertes en Mésopotamie. La Mésopotamie (littéralement "le pays entre les fleuves") s'étendait sur la majeure partie de l'Iran actuel et s'étendait jusqu'à la Turquie et la Syrie. L'écriture y est apparue il y a 5 500 ans.
Les tablettes d'argile humides étaient gravées avec une pointe de roseau puis séchées au soleil.

                                             


Exemple d'écritures cunéiformes

La Cappadoce durant les Assyriens et les Hittites
D'autres tablettes furent découvertes en Cappadoce, région se situant dans le centre de l'Anatolie (aujourd'hui situé en Turquie).
Entre 3 000 et 1 750 av. J.C., des commerçants Assyriens y vécurent, puis les Hittites s'y installèrent de 1 750 à 1 200 av. J.C. Ils sont à l'origine de ces ablettes d'argiles écrites en caractères Cunéiformes. Découvertes en 1925 par l'archéologue Tchèque Bedrich Hrozny sur le site de Kültepe près de Kaisarie.
Ces tablettes étaient insérées dans des enveloppes d'argile, lesquelles comportaient l'adresse du destinataire et le sceau de l'expéditeur.

 


                                                                   


Amenhotep III

Les Egyptiens
Les pharaons Egyptiens utilisèrent également des tablettes d'argiles, notamment pour correspondre avec les princes de Syrie et les souverains de Babylone. On retrouva des lettres d'argiles dans les ruines d'Tell el-Amarna, lesquelles furent envoyées en 1400 av. JC. par le roi Kassite de Babylone Kadashman-Enlil 1er au pharaon Amenhotep III.(ou Aménophis III en Grec). Ces lettres avaient un caractère diplomatique. Les Egyptiens avaient développé un réseau de messagers rapides, appelés les "symmaci". Ces messagers circulaient sur les canaux du Nil et disposaient de relais.

          
      Correspondance entre le roi
    de Babylone Kadashman-Enlil
   et le pharaon Amenhotep III qui voulait
épouser une princesse babylonienne

Des livres bibliques relatent l'échange de correspondance envoyées par messagers, on peut ainsi relever quelques passages des livres de Néhémie et d'Esther (Ve av. JC.);

Le livre de Néhémie.
Le livre biblique dit de Néhémie est un des livres de l'ancien testament, celui-ci relate des échanges de correspondances (chapitre II,7,8,9) :
"puis je dis au roi : si le roi le trouve bon, qu'on me donne des lettres pour les gouverneurs de l'autre côté du fleuve, afin qu'ils me laissent passer et entrer en Juda et une lettre pour Asaph, garde forestier du roi, afin qu'il me fournisse du bois de charpente pour les portes de la citadelle près de la maison, pour la muraille de la ville et pour la maison que j'occuperai. Le roi me donna ces lettres, car la bonne-main de mon Dieu était sur moi. Je me rendis auprès des gouverneurs de l'autre côté du fleuve et je leur remis les lettres du roi, qui m'avait fait accompagner par des chefs de l'armée et par des cavaliers.

Le livre d'Esther :
Le livre d'Esther est un livre de la bible hébraïque, il traite également de l'échange de correspondances transmises par messagers (chapitre I, 22) :
"il envoya des lettres à toutes les provinces du royaume, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue ; elles portaient que tout homme devait être le maître dans sa maison, et qu'il parlerait la langue de son peuple."
(chapitre III, 13,14,15) :
"les lettres furent envoyées par les courriers dans toutes les provinces du roi, pour qu'on détruisît, qu'on tua et qu'on fit périr tous les Juifs, jeunes et vieux, petits enfants et femmes, en un seul jour, le treizième du douzième mois, qui est le mois d'Adar, et pour que leurs biens fussent livrés au pillage. Ces lettres renfermaient une copie de l'édit qui devait être publié dans chaque province et invitaient tous les peuples à se tenir prêts pour ce jour-là. Les courriers partirent en toute hâte, d'après l'ordre du roi. L'édit fut aussi publié dans Suse, la capitale ; et tandis que le roi et Haman étaient à boire, la ville de Suse était dans la consternation."
(chapitre VIII, 10) :
"o
n écrivit au nom du roi Assuérus et l'on scella avec l'anneau du roi. On envoya les lettres par des courriers ayant pour montures des chevaux et des mulets nés de juments. "

 

 


Néhémie face aux murailles en ruines de Jérusalem - Gravure de Gustave Dorée

 

 


Esther confond Haman - Gravure de Gustave Doré

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