Le premier timbre au monde est, Anglais, il s'agit du Penny Black, émis en
1840. L'homme considéré comme l'inventeur du timbre-poste s'appelait Rowland
Hill, même si la paternité de cette invention reste contestée! Rowland Hill né
le 3 décembre 1795 à Kidderminster en Angleterre et mort le 27 août 1879 à
Hampstead près de Londres. L'Angleterre comme la Belgique étaient les premiers pays a connaître la
révolution industrielle à la fin du XVIII e siècle. La révolution industrielle
est caractérisée par la transformation progressive d'une société à prédominance
agricole et artisanale en une société commerciale et industrielle. L'exode
rurale est en marche, les populations s'alphabétisent et le besoin d'échanger,
de communiquer se fait de plus en plus ressentir. Les services postaux ne
suivent pas cette évolution, ils sont limités, le revenu de la poste diminue
régulièrement.
Le penny black
La révolution industrielle par Adolf Friedrich Erdmann von Menzel vers 1872 1875
Rowland Hill va rencontrer Robert Wallace et cette rencontre s'avérera décisive
et sera à l'origine de la réforme postale britannique. Robert Wallace (1773 -
1855) était un homme politique Ecossais. Elu en 1832 au parlement de
Westminster en tant que député de la ville de Greenock, il sera à l'origine de
la campagne pour des frais de port postaux réduits. Pour cela il mettra en
avant des critiques soutenues de l'administration postale auprès de la chambre
des communes dès 1833.
Rowland Hill
Il ne fut pas pris au sérieux, mais face aux chiffres
précis qu'il avança concernant les abus et la corruption, l'assemblée commença
à s'intéresser à son discourt. Grâce d'une part, au soutient de la presse et du
public qui étaient persuadés de la nécessité d'une réforme postale ainsi que
d'autre part, de la demande de Robert Wallace pour la nomination d'une
commission, le gouvernement fut dans l'obligation d'instituer cette commission
d'enquête en 1835 avec Robert Wallace comme président. Ce dernier affirma alors
que l'augmentation des échanges postaux, même à un tarif inférieur à celui
pratiqué à l'époque, ne pourrait qu'augmenter les recettes du gouvernement. Cet
argument sera repris plus tard par les défenseurs Français de la réduction des
tarifs postaux.
Rowland Hill travaillera donc en collaboration avec Robert Wallace pour
instaurer la réforme postale. Rowland Hill partira des résultats des études de
Robert Wallace et avec l'aide de ses frères Matthew Hill et Frédéric Hill, il
publiera en 1837 un pamphlet intitulé "Post Office Reform: its Importance
and Practicability "(La reforme postale, son importance et son
application). Dans ce document, il mit en évidence la diminution depuis 20 ans
du revenu de la poste malgré une augmentation de la population de 19 à 25
millions d'habitants sur cette même période. Il traita également des différents
moyens utilisés pour détourner le paiement de la taxe d'acheminement ainsi que
des abus concernant la franchise postale. Il ne se limita pas à mettre les
disfonctionnement en avant, il fit également des propositions afin d'améliorer
les échanges et de réduire les coûts. Il était persuadé que la réduction du
prix de port ainsi que la simplification tarifaire (un prix unique pour
l'ensemble des destinations du pays) ne pouvaient qu'accroitre la rentabilité,
et que les frais de traitement étaient pratiquement semblables entre les
petites et les grandes distances. Un prix plus bas permettrait d'accroitre de
manière considérable les échanges, il fit donc une proposition de 1 penny par
demi once soit 15 grammes, payable d'avance (à l'époque le destinataire payait
le transport d'ou un coût de traitement supplémentaire avec souvent un rebus
d'ou une perte sèche pour l'administration).
Rowland Hill et Robert Wallace seront invités le 13 février 1837 pour venir
défendre leur proposition devant la Commission Postale. Ils mirent en avant la
création de la "penny post" instituant un tarif unique quelle que
soit la distance, avec pour seule variante un tarif adapté au poids. Leurs
arguments furent un paiement à l'envoi, une simplification de gestion, une
suppression des privilèges de franchise, un gain de temps en n'ayant plus
besoin de remettre les plis aux destinataires mais en laissant "tomber les
lettres". Contre l'avis de Robert Wallace et de Rowland Hill qui
souhaitaient une réforme générale, la commission proposera la même année au
parlement un tarif de 1 penny par once et de 2 pence pour un poids jusqu'à 6
onces pour la région de Londres, et d'utiliser des entiers postaux (nos prêts à
poster actuels) payés par l'envoyeur.
Rowland Hill sur timbre Anglais (Collection privée Colin)
Paris était en retard par rapport à ses voisins Anglais ou la "Penny
Post" assure la distribution à l'intérieur d'une ville depuis 1680, une
lettre était distribuée le jour même de sa dépose grâce à un service qui
fonctionnait de 6 heures le matin à 9 heures le soir. Clément Humbert Piarron
de Chamousset, maître des comptes, était un philanthrope qui consacra une
grande partie de sa fortune aux pauvres et aux malades aussi qu'à la reprise,
en 1759, de l'idée de Jean-Jacques Renouard de Villayer, le développement de la
petite poste. La Ferme des
postes ne prennait pas en compte ce service malgré les bureaux de postes existant
dans la capitale. En effet le courrier est transporté mais non distribué, cette
opération n'étant financièrement pas intéressante pour les financiers de la
Ferme générale.
Une nouvelle commission verra le jour en novembre 1837, mais cette fois ci les
détracteurs au projet de réforme postale se feront plus puissants. Le
secrétaire de l'administration des postes estimait qu'il faudrait près de 50
ans pour rééquilibrer les pertes qui seront alors engendrées par la poste.
L'ancien secrétaire estimait qu'il était aberrant de brader le prix du
transport du courrier, il était en effet difficile de voir le travail de sa vie
remis en cause si facilement. Les opposants se trouvaient également du côté des
"privilégiés" de ce régime postal, ceux décriés par Wallace et Hill,
les bénéficiaires des franchises à savoir les parlementaires et les
aristocrates. Il faudra attendre février 1838 lors de la seconde commission
présidée par Wallace pour que la marche de la révolution postale prenne de
l'ampleur. Cherchant à trouver un compromis, la taxe proposée à la chambre des
communes en mars 1839 était passée de 1 penny à 2 pences pour réduire les
pertes. Mais le soutien du public aussi que des commerçants se faisait plus
fort que jamais pour un tarif à 1 penny. Le combat pour se tarif sera alors
soutenu par le Henry Cole le secrétaire du "comité marchand pour affaires
postales" qui publiera le journal "The post circular". Ce comité
militait activement pour ce projet et récoltera 262 800 signatures pour près de
200 pétitions. Le gouvernement finira par céder et instaurera la penny post
avec une entrée en vigueur le 5 décembre 1839. Malgré cette décision, le tarif
(hors région de Londres dont le tarif passa à 1 penny) était fixé à 4 pence
toutes les demies onces) mais pas pour très longtemps. La réaction du public
imposa la taxe de 1 penny entrée en vigueur le 10 janvier 1840. La taxe postale
étant payée par l'expéditeur, sera à l'origine de la création du timbre poste
et des entiers postaux, documents fiduciaires ayant pris une place si commune
dans nos vies de tous les jours.
Bloc émis lors de l'exposition"London 1980" Collection privée Collin