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L'apparition des timbres dentelés

Les premiers timbres-poste étaient livrés aux bureaux de poste en feuilles entières non dentelées et non prédécoupées. Les postiers ou les particuliers devaient donc séparer les timbres lors de la vente ou de l'utilisation des timbres, ce qui n'était pas très pratique. Très vite l'idée de simplifier la découpe et donc de ne plus à avoir à utiliser par exemple des ciseaux est apparue.
Les premiers à utiliser des timbres dentelés sont, une fois de plus, les Anglais en 1854. Ils utilisèrent la machine inventée par l'Irlandais Henry Acher. Mais en France, malgré la demande des usagers, l'administration postale traine à utiliser ce type d'équipement. Des initiatives d'entreprises privées vont donc se développer comme celle des frères Susse, papetiers réputés de la place de la Bourse à Paris. Les frères Susse proposaient donc comme vendeurs agréés, des timbres perforés. Les 2 % consentis aux vendeurs agréés leurs permis de vendre les timbres sans surcout.
Une autre initiative privée est celle d'un postier, Monsieur Galimard. Il proposa une découpe automatique permettant de séparer les timbres en les découpant et non en les perforant. Ce principe devait lui permettre de gagner du temps et donc d'en vendre plus.

                         
                           Timbre français non dentelé                                     Premier timbre poste français dentelé
                         Le 20 centimes du type Empire                                         Le 20 centimes du type Empire

                              à l'effigie de Napoléon III                                                 à l'effigie de Napoléon III


Il va falloir attendre le mois d'août 1862 pour le premier timbre perforé soit proposé à la vente. Il s'agira du timbre au type Empire de valeur faciale de 20 centimes, à l'effigie de Napoléon III. Les feuilles étaient perforées à la Monnaie de Paris à l'aide de machines à vapeur. Les feuilles étaient placées cinq par cinq sur un support ayant des trous. Puis une planche munie de poinçons en acier s'abattait sur l'ensemble et ainsi perforait les timbres. On peut donc imaginer une perforation par forcément très nette et surtout irrégulière. Des décentrages importants pouvaient faire leur apparition et même mordre sur les timbres voisins. On notera donc une baisse de la côte des timbres mal centrés et par opposition une plus-value pour les timbres fortement décentrés (fortement à cheval entre deux timbres).

La perforation des timbres-poste a pour fonction de retirer de petits ronds de papier entre les timbres afin de pouvoir les séparer plus facilement. Quatre procédés différents sont utilisés :

La perforation en ligne : toutes les lignes horizontales sont percées puis toutes les lignes verticales. Le résultat n'est pas parfait, il entraine des imperfections aux intersections des timbres, les dents ne coïncidant pas correctement. Les dents peuvent alors être absentes aux intersections.

                                                                 
                                                 
Ligne horizontale                                 Ligne verticale



La perforation au peigne : trois des quatre côtés des timbres sont perforés en même temps, puis un second passage de la herse permet de perforer la ligne de timbres suivante en terminant la perforation du quatrième côté de la première ligne. Cette perforation entraine une perforation incorrecte dans deux des quatre angles des timbres.

                                                       
                           
Premier passage de la herse                                       Deuxième passage de la herse



La perforation à la herse : cette perforation permet d'effectuer l'opération en un seul passage et sur toute la feuille, c'est la plus moderne. Elle a pour avantage de présenter une perforation en ligne, sans décalage, sur tous les timbres de la feuille.

                                                                
                                                                
Perforation à la herse sur toute la
                                                                        feuille en un passage

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