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Imprimerie française des timbres-poste

Les premiers timbres-poste français ont été imprimés dans l’atelier de la monnaie de Paris. La personne en charge d’imprimer les timbres-poste était un fonctionnaire français à la préfecture de Paris, Anatole Hulot. Il maîtrisait le procédé de galvanoplastie, c’est ainsi qu’il participa à la fabrication d’un nouveau billet de banque de 100 francs et qu’il se fit connaitre de la Banque de France. En juin 1848, il devient adjoint au graveur général de la monnaie de Paris grâce au soutien de son ami Jacques-Jean Barre, le graveur général. La même année, on lui confira la fabrication des premiers timbres poste au sous-sol de l’atelier de la Monnaie à Paris. Jusqu’en 1851, Anatole Hulot est employé par la régie administrative avec un traitement de 4 000 francs par an, c'est-à-dire que l'administration des postes reste responsable de l’impression et des coûts nécessaires à la fabrication des timbres. Le décret du 7 avril 1851 fera passer la régie en entreprise dont Anatole Hulot sera le propriétaire. Il sera donc, sous le contrôle M. Tacquin de la commission des monnaies et médailles, seul responsable de la fabrication des timbres-poste commandés par l’administration de postes. M Tacquin le secondera, il sera chargé de l’impression et du gommage des feuilles, il fournira également le personnel et le matériel d'impression, ces derniers resteront donc propriété de l’administration. Anatole Hulot sera nommé directeur de la fabrication le 30 janvier 1876. De plus, l'administration des postes demandera au contrôleur François-Victor Barthe de surveiller de 1848 à 1873 les achats des consommables ainsi que de l'impression.


L'Hotel de la monnaie de Paris


 
Site de l'ITVF à Boulazac
(près de Périgueux)

En 1875, le ministère des Finances demandera à la Banque de France qui était en sous-activité de lancer des essais d’impression de timbres. Le 5 juillet 1875, un contrat de deux ans sera signé pour la livraison des premiers timbres dès le 1er janvier 1876. Anatole Hulot ne recevra plus de commandes officiellement à partir de cette date, mais on trouvera officieusement la trace de la poursuite de l'activité d’Anatole Hulot jusqu’au milieu de l’année 1876. En effet, la Banque de France n’arrivera pas à honorer les commandes de timbres dès le 1er janvier. Deux centres de production de timbres se partageront donc la production durant environ six mois. En juillet 1880, l’administration des Postes arrêtera sa collaboration avec la Banque de France et lui rachètera les locaux ainsi que le matériel et repris une partie des employés, l’administration créa alors l’atelier des timbres-poste. En 1895, les locaux de la rue Hauteville à Paris deviennent trop petits, l'administration des postes fera construire une imprimerie au 103 Boulevard Brune à Paris dans le 14e arrondissement. On notera le court transfert de la fabrication des timbres-poste à Limoges durant la Seconde Guerre mondiale.

        
                                                               
         Timbre-poste avec le sigle ITVF                                 Timbre-poste avec le sigle Phil@poste
  Collection privée Collin                                                  Collection privée Collin

Puis il faudra attendre 1970 pour que l'ITVF (l'Imprimerie des Timbres-poste et Valeurs Fiduciaires) s’installe à Boulazac près de Périgueux sur 48 000 m². Les timbres-poste français, des DOM et TOM y sont imprimés ainsi que ceux de nombreux autres pays, mais cette imprimerie qui maitrise les éléments de sécurité propres aux timbres est également chargée de l’impression de nombreux autres documents administratifs tels que les passeports, les papiers pour les chèques postaux, les actes d'état-civil. L’ITVF détient le monopole d'impression des timbres français. L’ITVF sera intégrée en 1989 au SNTP (Service National des Timbres-Poste), puis deviendra Phil@poste en mars 2006, l’ITVF s’appellera désormais Phil@poste Boulazac.En 2004, la production de l’ITVF s’est élevée à 1,64 milliards d’exemplaires de timbre courant à l’effigie de Marianne, 507 millions de timbres dit de collection, 35 millions de blocs de timbres ainsi que 1 million de documents philatéliques (document papier épais avec timbres et oblitérations). Contrairement à ce qu'on pourrait penser l’impression des timbres courants à l'effigie de Marianne baisse d’année en année, ceci s’explique par le fait que l’on écrit de moins en moins. C’est ainsi que cette production est passée de 5 milliards en 1994, à 4 milliards en 1996, puis 2 milliards en 2003 et comme on vient de le voir 1,64 milliard en 2004. Les timbres dits de collection, c'est-à-dire avec un visuel plus attrayant, ne sont pas touchés par cette réduction, car ils ne touchent pas le même créneau. Il seront vendus à 418 millions d’exemplaires en 2000 et 507 millions en 2004. Les blocs seront imprimés à 28 millions d'exemplaires en 2000 contre 35 en 2004.

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